Pour Marie José mon amie d'enfance et pour vous si vous aimez
LEGENDE AMERINDIENNE
Il y a bien, bien longtemps, quand le monde était jeune
et que les gens n’avaient pas encore émergé,
aucune fleur n’égayait la prairie.
Seuls y poussaient des herbes et de ternes buissons gris-vert.
La Terre était bien triste, car sa robe manquait de couleur et de beauté.
J’ai tant de belles fleurs dans le coeur, se disait alors la Terre.
Comme j’aimerais qu’elles soient sur ma robe.
Des fleurs bleues comme le ciel clair des beaux jours,
Des fleurs blanches comme la neige de l’hiver,
Des fleur d’un jaune éclatant comme le soleil de midi,
Des fleurs roses comme une aube de printemps,
Toutes, je les porte dans mon coeur.
Je suis si triste quand je regarde ma robe terne, toutes de gris et de bruns.
Une tendre petite fleur rose entendit la plainte de la Terre.
Ne soit pas triste, Terre Mère
je vais aller pousser sur ta robe et la rendre plus belle.
Alors, la petite fleur rose monta du coeur de la Terre Mère pour égayer la prairie.
Mais lorsque le Démon du Vent l’aperçut, il se mit à gronder
Je ne veux pas de cette jolie petite fleur sur mon terrain de jeu.
Hurlant et rugissant, il se précipita sur elle et souffla la flamme de sa vie.
Mais l’esprit de la fleur revint au coeur de la Terre Mère.
Quand d’autres fleurs courageuses sortirent à leur tour,
Le démon du Vent les tua l’une après l’autre
Et leur esprit revint au coeur de la Terre Mère.
A la fin, Rose de Prairie proposa d’y aller.
Bien sur, ma douce enfant, lui dit Mère Terre.
Je te laisserai partir.
Tu es si jolie et ton souffle si parfumé que le Démon du Vent en sera charmé.
Il te laissera sûrement rester dans la prairie.
Rose de Prairie fit donc le long voyage à travers le sol sombre
Et sortit dans la prairie terne.
Tandis qu’elle cheminait, Terre Mère se disait en son coeur :
Comme j’aimerais que le Démon du Vent la laisse vivre..
Lorsque Démon du Vent l’aperçut, il se rua vers elle en hurlant :
Elle est jolie, mais je ne veux pas d’elle sur mon terrain de jeu.
Je vais souffler la flamme de sa vie.
Et il s’élança, grondant et soufflant en violentes bourrasques.
Mais en s’approchant, il sentit le parfum de Rose de Prairie.
Comme il est doux, se dit-il alors.
Je n’ais pas le coeur d’ôter la vie à une si jolie jeune personne au souffle si parfumé.
Il faut qu’elle reste ici, avec moi.
Il faut que j’adoucisse ma voix, que je lui chante de douces chansons.
Il ne faut pas que je l’effraie avec mon terrible vacarme.
Et le démon du Vent changea. Il se fit paisible.
Il envoya de douces brises sur les herbes de la prairie.
Il susurra et fredonna de petits chants de joie.
Il avait cessé d’être un démon.
Alors, les autres fleurs montèrent du coeur de la Terre Mère à travers le sol sombre.
Elles firent de sa robe de prairie une parure gaie aux couleurs vives.
Même le Vent en vint à aimer les fleurs qui poussaient parmi les herbes de la prairie.
C’est ainsi que la robe de Terre Mère devint belle,
Grâce à Rose de Prairie, à sa beauté, son parfum et son courage.
Il arrive parfois que le Vent oublie ses doux chants,
Qu’il gronde et fasse du tapage.
Mais ce bruit ne dure jamais longtemps.
Et il ne fait jamais de mal aux personnes qui portent des robes couleur de la Rose de Prairie.
Bonne après midi à toutes

DOMENICA